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La table à picnic

- Philosophie - Non classés

- but de l'existence, pique nique, école, secondaire, messages

Posez une question à l’univers, directement ou malgré vous, et parfois il vous répondra… Parfois de façon directe, parfois de façon subtile… parfois dans l’immédiat, parfois en différé…

En première année au secondaire, il y avait dans un coin mal éclairé et entouré de casiers, trois tables de pique-nique barbouillées au fil des années par de nombreuses couches de graffitis (la direction tolérait, tant que ça restait dans des limites respectueuses).

Un jour, après la classe, je me suis installé à l’une des tables pour finir des devoirs en retard. C’était la dernière chose que j’avais envie de faire et la dernière place où je voulais être. Je n’avais pas trop le moral… Saleté d’école, crise existentielle, marginalité… bref vous savez de quoi je parle.

L’endroit était désert. Entre deux rêveries, alors que j’avais entre les mains un crayon à liquid paper, presque sans y penser, j’ai écrit sur la table le message suivant :

existance

(Je n’étais pas très bon en orthographe à cette époque, je m’en confesse). J’ai soufflé sur l’encre blanche pour la faire sécher, puis je suis parti sans y réfléchir davantage. Je n’y ai plus jamais repensé. La plupart de mes cours ne se donnaient plus dans ce coin-là, et dès l’année suivante j’étais dans une toute autre section de l’école...

Je n'y suis retourné que cinq ans plus tard, alors que le parcours tortueux de l’école secondaire tirait à sa fin. J'ai été là tout à fait par hasard, je ne me souviens plus trop pourquoi. J'essayais sans doute d'éviter les agents de sécurité ou une bande de thugs... Je me suis installé à l'une des tables en sortant un livre, et c'est à ce moment que j'ai aperçu le message que j'avais écrit des années plus tôt. Je fus très surpris, d'une part parce qu'il était toujours lisible, et d'autre part parce que quelqu'un y avait répondu! Gravée à la pointe d'un compas, tout juste sous l'encre blanche, se trouvait cette réplique :

 

existance

Impossible de dire qui a écrit ça, ni quand... Il me plaît de penser que cette personne avait en réalité une réponse dont elle ignorait la question, et moi une question dont j'ignorais la réponse. L'univers, peut-être parce qu'il se sentait concerné, a voulu notre rencontre à travers le temps, par le biais de cette table de pique-nique décrépite, dans un coin sinistre d'une école secondaire...

 

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Les yeux

- Non classés

- yeux, regard, pseudo-science, manipulation, personnalité

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Même les pseudo sciences et les faits douteux concernant les yeux m’intéressent. Du moment que ça frappe l’imaginaire, et que ça rappel que ce qu’ils évoquent est beaucoup plus complexe et énigmatique que leur simple beauté.


Iridologie 

irisL’iridologie est une discipline permettant supposément de déterminer l’état de santé d’un patient à partir de l’examen de ses iris. De tout temps des peuples ont cherché des informations (pour la santé ou la divination) dans les iris. Ce fut toutefois documenté plus sérieusement par un médecin hongrois, à l’époque pas si lointaine où tout scientifique s’amusait à lancer n’importe quelles théories dans les airs en espérant que l’une d’elles prenne son envol et ramène gloire et célébrité à son auteur: le XIXe siècle. L’iridologie cartographie l’iris, chaque région permettant à l’iridologue d’identifier d’éventuels troubles sur des organes spécifiques.

 

Le sanpaku 

sanpakuLe sanpaku représente l’espace blanc entre l’iris et la paupière, visible chez certaines personnes. Les physionomistes japonais associaient traditionnellement cette singularité à certains traits de caractère ou état de santé. Georges Oshawa, auteur japonais du XXe siècle, popularisera cette idée en prédisant des malheurs à John F. Kennedy à cause de son sanpaku inférieur prononcé. Depuis, le concept a été repris par un peu tout le monde, détaillant toujours de plus en plus les liens entre les différents types de sanpaku et des traits de personnalité précis. 

Comme souvent en synergologie, cette association se base sur une accumulation d’exemple célèbre (Adolf Hitler, Salvador Dali, Marilin Monroe, etc etc...). D’ailleurs, la première fois que j’ai entendu parler du sanpaku, c’était une synergologue sanpakuprofessionnelle qui, bien que ne croyant pas du tout au lien sanpaku-personnalité, notait toutefois que certaines personnes peuvent avoir l’impression que cet espace blanc n'est pas naturel, ce qui peut parfois leur causer un léger malaise lorsqu'ils regardent des yeux qui en sont pourvus. 

 

Dévoilement du sens dominant

Il s’agit d’un phénomène véhiculé par les ouvrages traitant de manipulation ou de psychologie, ou encore par les synergologues amateurs. La croyance veut que lorsqu’une personne se remémore un souvenir en regardant en l’air, c’est qu’elle y cherche des images et c’est donc une personne visuelle. Si elle regarde de côté, elle cherche des sons dans ses oreilles, c’est donc une personne auditive. Enfin, si elle regarde vers le bas, c’est qu’elle cherche dans son coeur et ses tripes ce qu’elle ressentait, c’est donc une personne émotive.  

Ainsi, posez des questions à quelqu’un et observez bien ses yeux. Demandez-lui d’abord quelle était la première chose qu’il a vue en se réveillant, où la dernière chose qu’il a regardée avant d’aller se coucher. Demandez ensuite quel était le sujet de sa dernière conversation citationtéléphonique, ou la dernière chanson qu’il a entendue à la radio. Et finalement, demandez-lui de vous décrire sa plus grande phobie, ou simplement son plus beau souvenir. Chaque fois qu’il cherche dans ses souvenirs, notez la direction du regard. L’analyse de vos résultats vous permettra de connaître le(s) sens dominant(s) chez cette personne.

 

Même si l’iridologie n’est qu’une pseudoscience douteuse, que les études sur les espaces entre l'iris et les paupières sont pitoyables, et que l’appel des sens par les yeux me semble simpliste, mon imaginaire est stimulé. Je ne peux plus m’empêcher d'observer l’iris des gens que je rencontre, de remarquer les jolis sanpakus inférieurs, et de jouer le jeu des souvenirs pour essayer de diriger les regards...

regard envieux


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La mauvaise publicité

- Sciences - Histoire

- origine de l'univers, théorie, physique, publicité, détracteur

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Un homme d’affaires prospère m’a dit un jour “ La mauvaise publicité, ça n’existe pas. Même tes détracteurs, ils travaillent pour ton compte ”. Cette phrase m’est revenue en tête lorsque j’ai appris le destin de Georges Lemaître et de sa théorie.
 

religion science
 

Georges Lemaître était un scientifique du début du XXe siècle dont l’histoire a oublié le nom, car il a eu le malheur d’avoir vécu à la fois comme scientifique et comme religieux. Ces deux forces étant opposées, il ne recevait pour ses travaux que des critiques négatives de part et d’autre, les uns le ridiculisant, les autres s’en offusquant.

Pourtant à cette époque, l’état des connaissances en physique permettait de ramener dans les débats la question des origines de l’univers, laquelle jusqu’alors relevait plus des hommes de cultes que des hommes de sciences. Plusieurs scientifiques de l’époque, dont le déjà célèbre Einstein, planchaient sur des modèles d’univers statique. Dieu aurait donc organisé l’univers matériel il y a quelques milliards d’années et l’aurait abandonné aux probabilités depuis lors…

Lemaître quant à lui élaborait une théorie d’univers en expansion, et en alliant la physique quantique à la thermodynamique, émit l’hypothèse d’un atome primitif. À l’origine, toute la masse de l’univers aurait existé sous la forme de cet unique atome. Puis l’univers entier aurait été créé à partir de la désintégration de cet atome initial. 

creation ex nihiloRegardée d’un oeil distrait et rapidement contestée par les savants, sa théorie (appelée Modèle d’évolution dynamique) fut également travestie par le pape Pie XII lui-même qui y vit une preuve de l’existence de Dieu. Lemaître pourtant déclara avec fermeté que l’hypothèse de l’atome primitive était en dehors de toutes questions religieuses, mais personne n’en tint compte. La théorie, comme l’homme qui l’avait élaboré, était condamnée à l’oubli, même si les preuves de sa validité s’accumulaient.

Un astronome anglais du nom de Fred Hoyle, défenseur du modèle d’univers statique, profitera d’une interview à la BBC pour dénigrer la théorie de l’atome primitif, en la rebaptisant avec dédain “la théorie du Big Bang” … L’effet est immédiat, auprès du grand public comme dans la communauté scientifique: tout le monde va désigner la théorie en reprenant la formule de son principal contradicteur… 

pape citation

Big Bang, une formule certes réductrice et simpliste, mais qui évoque une image frappant l’imaginaire et qui ramène une théorie complexe à sa plus simple expression, accessible à tous. Ainsi, même si le pauvre Lemaître est tombé dans l’oubli, une médisance aura permis de faire de sa théorie cosmologique l’une des plus connues de tous...

 

 


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L'énigme - 2

- Non classés

- énigme, bonheur, barique

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Si cette énigme m’a interpellé, c’est qu'elle a remis en question mon opinion sur mes mauvaises prédispositions au bonheur...
 

barriqueC’est une chose qui ne pese rien,
mais qu’on peut voir à l’oeil nu.
Mettez-la dans une barrique,
elle la rendra plus légère…

Qu'est-ce que c'est?

 

La réponse


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Au bord de la rivière Doma

- Art - Messages personnels

- nature, campagne, rivière, clown, jeu vidéo

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Description d'une scène d'un vieux jeu vidéo qui m'a marqué, il y a fort longtemps ...

 

 

En bordure de la rivière Doma doraient au soleil une étendue d’herbes folles, quelques arbustes assoiffés et plusieurs chiens de prairie qui parfois quittaient l’ombre des rares grands chênes pour monter la garde sur la plage et ses accès. Tous les jours dès l’aube, une brise délicate glissait sur l’eau pour la faire onduler, avant d’aller caresser les champs environnants.

C’est par un matin dans ce décor d’été tranquille que surgit un personnage des plus contrastant. Émergeant d’une bande de conifères plus en retrait, un petit bonhomme au visage pâle et maigre qui jurait avec son ample costume coloré, fit son apparition. Ses habits d’arlequin mal ajustés semblaient plus vivants que le corps qu’ils contenaient.

La nature le regarda passer avec une curiosité qui se changea bien vite en malaise, mais l’homme l’ignorait totalement. Sa démarche déterminée ne trahissait aucune émotion. Ses yeux pâles bordés de paupières rosâtres fixaient un objectif bien précis, alors qu’il traversait des sentiers de plus en plus sablonneux. Son regard, bien que face au soleil, était malgré tout chargé d’ombres.

Les chiens de prairie s’étaient cachés, la nature s’était tue, et même la brise semblait hésitante. Sous ses allures burlesques, le personnage dégageait quelque chose de profondément malsain. Dans l’épanouissement estival, sa froideur inquiétait et ses apparats dérangeaient.

Alors qu’il franchit le dernier arbre pour marcher sur un chemin bordé de blé et de fleurs sauvages, un phénomène presque incongru apparut sur son visage. Un sourire. Un sourire mauvais, à la fois cruel et moqueur. Et ce sourire devenait d’autant plus mauvais qu’à chacun de ses pas, une lueur étrange grandissait dans le gris de ses yeux.

Au champ de plus en plus clairsemé succéda une plage de sable fin, et le sourire du drôle fit place à un ricanement étouffé. Plus rien ne le séparait de la rivière. Ses pas se firent alors plus amples, ses bras ballotaient de manière démesurée, et toute sa démarche devint théâtrale, comme s’il se donnait subitement en spectacle pour un public invisible.

Il fit les derniers pas qui le séparaient de l’eau en dansant sur une musique que lui seul entendait, pour finalement faire quelques sautillements puérils, comme un enfant qui n’en peut plus d’attendre.

Lorsque ses pieds touchèrent l’eau et que le sable mouillé s’infiltra dans ses sandales, la mascarade s’arrêta subitement. Il se figea dans une posture neutre, tête basse, se recueillant presque, en observant l’eau de ses yeux tout grands ouverts. Il semblait hypnotisé par les reflets du soleil sur les vaguelettes qui zébraient son blanc visage. De longues secondes s’écoulèrent. Lentement, l’homme se mit à chercher quelque chose sous sa cape. D’abord sérieux, il reprit son sourire quand il trouva ce qu’il cherchait. Au milieu de la nature qui n’osait plus émettre un son, on entendit un murmure:

- Il n’est rien de plus doux que le son de centaines de gens qui agonisent à l’unisson…

S’en suivit un grand éclat de rire sadique qui pétrifia la campagne environnante. Toujours hilare, Kefka renversa la fiole de poison dans la rivière, qui l’espace d’un instant, se tinta de pourpre...

 

 


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Qui se ressemble s'assemble, mais c'est dans les différences que l'on se reconnait.

Fred François