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Comptines - Chevaux

- Art - Post-apocalyptique

- comptines, chanson, Quebec, Mars, texte

Cette chanson d'une artiste du Québec, peut-être sans le vouloir, présente toutes les caractéristiques intéressantes des comptines classiques. Le texte est simple, doux et mélancolique, un peu énigmatique. Il y a une énumération, elle traite de créatures frappant l'imaginaire, et elle se termine par la mort.

Ce qui lui manque peut-être, c'est l'âge. La plupart des comptines classiques datent de quelques décennies à quelques siècles. L'usure du temps ajoute à leur mystère et à leur côté intriguant.

Je lance ce texte dans l'univers, sans airs ni partitions (l'univers fera mieux que l'original), en imaginant, sur Mars dans 300 ans, une maman qui la fredonne à son petit dernier. L'un et l'autre n'ont jamais vu de vrais chevaux. Et ils n'auront jamais ce plaisir.chevaux




Chevaux

Le cheval numéro un est un grand étalon noir 
qui porte bien sa tristesse. Je veux dormir dans son ombre; 
Il me fait penser à ceux et celles qui ne s'attendent à rien;
c'est un cheval à toute épreuve.

Le cheval numéro deux, cheval boiteux;
vieille âme solitaire qui a perdu l'envie d'aimer;
Je m'attends à ce qu'il dure, sa mort sera lente;
il ne connait plus personne, il n'a plus aucun souci.

La jument numéro trois elle prend tout au sérieux;
elle s'est attelée de la misère des gens;
ça ralenti, ça essouffle, ça énerve le coeur;
Mais elle est tellement durcie, elle sera fière jusqu'au bout.

Le quatrième cheval a l'air d'avoir soif;
sa grosse langue est sèche, et pend à sa droite;
Il a le goût de vivre, il est intéressé;
Il suit à distance tous les autres chevaux.

Qu'il est beau, qu'il est blanc le cheval numéro cinq;
avec tous ces rubans il ressemble au soleil;
Il émet une chaleur, un charme redoutable;
très populaire, il court presque à perte de vue.

J'ai misé tout mon argent sur le sixième cheval;
cheval adolescent qui fonçait vers l'éternité;
un mauvais présage, une arrogance forcée;
un vent du nord, une famille déchirée.

C'est le numéro sept qui est mort en premier;
cheval pollué qui s'arrachait les poumons;
il était jaune et malade, il est tombé sur le côté;
Le plus grand des nuages est venu le chercher;

 

 

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- Ô Paon - Chevaux

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Le pot de miel

- Histoire

- miel, mort, guerre, stratégie

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Durant la guerre du Vietnam (une des guerres les plus salope de l'histoire), les soldats vietnamiens avaient une sombre pratique pour réduire l'effectif de soldats dans les troupes américaines.

Ils capturaient une sentinelle et l'éventraient. Ensuite, ils l'abandonnaient, laissant l'homme hurler, baignant dans son sang et retenant ses entrailles, non loin des camps américains. Ils se postaient aux alentours et tuaient chaque soldat qui tentait de venir le sauver. Ça durait jusqu'à ce que l'éventré rende l'âme...

honeypot

Les soldats Vietnamiens appelaient la sentinelle... "le pot de miel"...

(Et 50 ans plus tard, les États-unis sont les plus grands importateurs de miel vietnamien... en tout cas)


Le terme pot de miel (honeypot) s'applique désormais au concept général selon lequel on attire, ou on laisse venir a nous, un indésirable pour mieux l'étudier, le contrôler, et éventuellement l'éliminer. Il trouve une application par exemple en botanique (détournement de parasites) ou en informatique (analyse des méthodes du hacker et des failles de sécurité).


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Corpus incognita

- Sciences - Histoire

- corps, anatomie, croyance, ancêtre

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corpsOn utilisait autrefois une curieuse logique pour se figurer l'emplacement des sièges naturels de certains sens et de certaines émotions. Pourtant, des cadavres des croisades aux moribondes de l'inquisition, nos ancêtres, à défaut d'être sages, auraient pu au moins être plus observateurs... et pourtant...

On ignorait que le nez n'est qu'un appendice chargé de transmettre l'air au nerf olfactif, plus loin dans les fosses nasales. On considérait donc le nez comme le siège naturel de l'odorat. Pareil pour les yeux et les oreilles.

Le coeur était le siège des sentiments, l'estomac, celui de la colère.
 

Il est amusant de penser que certains plaçaient le siège du raisonnement dans les pieds, car ils sont les seules parties du corps à reposer sur du stable!

Combien de crânes ouverts, dans toutes les dégueulasseries de l'histoire? Et jamais personne pour se demander à quoi pouvait bien servir ce gros chou-fleur rose qui s'en échappait...

 


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Et si l'univers...

- Philosophie - Non classés

- monde, univers, planète, expérience

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Et si l'Univers était en fait une experience oubliée dans le fond d'une éprouvette d'une civilisation géante?
 

univers

cabrel

 

 

 

 

 

 

 


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L'Île du dragon

- Art - Messages personnels

- écrits, histoire, dragon, îles, français, école, devoir

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ff mist L'Île du dragon

Imaginé à l'occasion d'un examen de français,
Aout 2013


 

Le néant. L'horizon se fondait aux alentours, donnant l'impression d'une toile vide et mystérieuse. Que ce gris clair, froid et imperturbable qui semblait imposer le calme à cette eau sombre sur laquelle glissait la vieille barque.

Le brouillard épais s'était levé dès leur départ de la dernière île, et tandis que Léo ramait doucement, son neveu Raphaël dormait paisiblement sous une lourde catalogne. En regardant la couverture monter et descendre au rythme de la respiration du jeune garçon, l'homme méditait sur la situation. En fait, il pensait à ses rares amis, et à sa détestable famille. Ah! Que diraient-ils donc, s'ils le voyaient là, lui, le misanthrope, celui qui préfère les livres à tout autre compagnie? Que diraient-il s'ils le voyaient plongé dans cette extraordinaire aventure, rendue surréaliste par cette mer sans fin aux clapotis timides et au brouillard envoûtant? Que diraient-ils s'ils voyaient cette lueur dans les yeux de Raphaël?

Léo cessa de ramer et sorti un thermos lorsque le garçon remua. Raphaël émergea de ses couvertures et scruta les alentours, un peu déboussolé. Il sourit en acceptant la tasse de chocolat chaud que lui tendait son oncle. Il se tourna ensuite vers le lointain:

- Je suis sûr que la prochaine île sera la bonne, j'en suis sûr et certain.

- Moi aussi kid, répondit Léo, et je pense qu'elle ne doit plus être très loin. Nous avons déjà fouillé presque toutes les îles du secteur...

Encouragé, l'enfant fixa davantage l'horizon devant. C'est alors qu'un étrange phénomène se produisit. Raphaël s'exclama :

- Regarde Léo! Nous l'avons trouvé! C'est lui enfin... Le Dragon de brumes!

Léo regarda la direction que pointait Raphaël et comprît rapidement. Non loin de la barque, la brume s'était condensée et avait prit forme. La brise légère y sculptait délicatement un majestueux dragon, au corps massif supporté par de grosses pattes, et surmonté d'un long cou arqué prolongé d'une tête plus fine, mi-reptilienne mi-canidé. Cette apparition, que la nature semblait avoir façonnée que pour ce bref instant magique, laissait Léo et Raphaël bouche-bée. Alors le dragon se mit à glisser à leur rencontre, en déployant des ailes immenses. Voyant l'inquiétude chez son neveu, Léo se fît rassurant :

- Les dragons ne sont pas méchants, kid, salue-le poliment et tu verras bien.

- Euh... Bonjour monsieur dragon...

Léo sourit. La crédulité enfantine de son neveu lui réchauffait le cœur. Le dragon se dissipa complètement en fondant sur eux. Un étrange bien-être flotta un instant autour de l'embarcation. Léo tendit une rame à Raphaël et ils reprirent leur route en silence.

Ils ramèrent à bon rythme pendant une demi-heure. Le brouillard s'était envolé soudainement, ce que Léo interprétait comme un mauvais présage. Comme s'ils avaient perdu une couverture réconfortante et protectrice. Raphaël, très concentré, fixait l'horizon. Quand il vit l'île s'y profiler, il sursauta :

- L'Île du dragon est là, nous l'avons trouvé!

Au loin grossissait une île plus haute que large, dotée de hauts remparts coiffés d'une forêt de conifères dense. Bien qu'encore lointaine, elle était des plus intrigantes. Il semblait y avoir une force subtile qui attirait la barque à elle, mais autre chose la repoussait également. Léo et Raphaël avait cessé de ramer. Quelque chose n'allait pas. Au dessus de l'île se répandait rapidement une vague de nuages noirs, comme autant d'encre sur une page blanche. Une tempête fonçait droit sur eux, à grande vitesse. Déjà le vent se levait et les vagues se creusaient.

- Rame kid! Nous devons rejoindre l'île avant que la tempête arrive.

Raphaël ramait de toutes ses forces avec Léo, mais l'île rapetissait de plus en plus. L'obscurité s’amplifiait à mesure que la nappe sombre envahissait le ciel. Devant les éléments qui se déchaînaient, Léo avait une impression de monstre immense en éveil... et il se sentait impuissant. Raphaël ramait avec ardeur et courage, mais il avait comprit que ça ne servirait bientôt plus à rien.

Lorsque les vagues devinrent déferlantes et que la peur le submergea, Léo lâcha sa rame et plaqua son neveu au fond de la barque, en s'accrochant de toutes ses forces et en priant pour qu'elle ne chavire pas. Une immense lame vint s’abattre sur eux de plein fouet... Léo et Raphaël furent emportés...

* * *

- C'est pas juste, personne ne m'écoute, personne ne veut me croire. Mon père me dit que c'est un calmar.

Assis sur un petit tabouret, Léo observait son neveu franchement exaspéré faire les cents pas dans sa chambre. Il n'y avait que lorsque le garçon faisait la tête que son frère l'invitait chez lui pour le voir. Léo n'avait jamais vraiment comprit d'où venait l'extraordinaire complicité qu'il partageait avec Raphaël.

- On dit un canular, kid, et d'ailleurs il a un peu raison... Après tout la bouteille que tu as trouvé sur le bord du Saint-Laurent a pu être jetée là par n'importe qui, et la carte qu'elle contient aussi d'ailleurs.

- Non, Léo, regarde la bien. Regarde comme il faut. C'est une vraie carte ancienne. Elle mène à un dragon, et peut-être même à un trésor!

Léo soupira et analysa une fois de plus la vieille carte usée. Il fallait bien admettre qu'elle était particulière. Sa matière caoutchouteuse, déchirée par endroit, était parcourue de dessin représentant grossièrement le golf St-Laurent. Il y avait un peu partout en marge, de petites écritures rouges de langues inconnues. Mais le plus intriguant était ce dessin de dragon. Un dessin apparemment très sérieux, très important, vers lequel convergeait tout un tas de flèches et d'instructions... Et il y avait cette bouteille... jamais Léo en avait vu de semblable. Il leva les yeux vers Raphaël, et ce dernier fixait son oncle, les yeux pétillants :

- Nous devons aller voir ...


* * *

On les retrouva inconscients au milieu du varech, sur une plage Terre-neuvienne. Très chanceux, ils ne souffraient que d'une légère hypothermie et de quelques ecchymoses. Ils prirent tout de même plusieurs jours pour s'en remettre. Leur histoire avait rapidement fait le tour du village côtier où ils avaient échoués. Lorsqu'ils prirent du mieux, plusieurs villageois enthousiastes vinrent leur faire des révélations incroyables au sujet de leur quête, la fameuse île du Dragon.

Le Dragon était un navire scandinave s'étant échoué sur une île au large de Terre-Neuve, au début du XIième siècle. Peu de chose en restait, sinon une imposante portion de la proue et quelques artefacts. Le tout était conservé dans le grand musée de la mer, la principale attraction touristique de la place.

En s'y rendant, Léo et Raphaël n'était pas particulièrement excités. L'un n'était pas encore tout à fait remis émotionnellement de leur aventure, et l'autre était déçu, car il n'y avait ni dragon, ni trésor...

Dans la grande salle du Dragon, leur amertume laissa toute la place à la plus pure stupéfaction. Devant eux, sculpté à même l'orme dans la proue du bateau, un majestueux dragon inclinait son corps massif. Ses ailes se prolongeaient de chaque côtés de la coque. Un long cou arqué supportait une tête fine prolongée de cornes. Mi-lézard, mi-loup, inspirant puissance et sagesse, elle semblait fixer Léo et Raphaël d'un regard sévère... paternel. Ils restèrent silencieux de longs instants.

Raphaël et son oncle Léo quittèrent le petit village côtier en emportant leur extraordinaire histoire et la jolie somme que le musée leur remis en échange de la carte et de son étrange bouteille. Cette bouteille, que la mer avait gardée mille ans, avant de la remettre à un petit garçon curieux, marchant par un bel après-midi sur les berges du St-Laurent.

 


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Emmenez-moi au bout de la terre; emmenez-moi aux pays des merveilles. Il me semble que la misère; serait moins pénible au soleil.